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Épreuve de mémorisation de texte

Quiz de culture générale : Histoire, géographie, mythologie, religions 

cochez les réponses vraies, plusieurs réponses peuvent être vraies par question. 
Attention dans les vrais concours, il y a souvent comme barème : 

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ici le barème est 1 point quand les 4 items sont justes 

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Épreuve de mémorisation : 

Lisez le texte. Vous avez 30 minutes pour lire le texte et 10 minutes pour les questions 


La tentative d’assassinat de Sartre contre Camus

Si, d’une certaine manière, le XXe siècle fut bien celui de Sartre, c’est que l’auteur de La nausée avait décidé qu’il en serait ainsi et qu’il ne s’est rien interdit pour parvenir à ses ns. Dans sa stratégie pour conquérir le pouvoir intellectuel en France et assurer sa domination, il ne recula devant rien. La fortune libéra Sartre de concurrences qui auraient été terribles. Nizan lui simpli a la vie en mourant au combat à Dunkerque en 1940, Politzer t de même en résistant dès 1940 et en succombant sous les balles nazies au mont Valérien en 1942. Camus eut nalement le bon goût de disparaître dans un accident de voiture en 1960 et Merleau-Ponty de succomber à un infarctus l’année suivante. Quant à Raymond Aron, il comptait pour rien puisqu’il avait rejoint le camp de la droite. Un boulevard s’ouvrait alors pour l’impétrant...

Camus fut un adversaire philosophique terrible et Sartre a lâché les chiens contre lui. Sartre n’a rien compris à la politique ; il n’a rien vu de la montée du nazisme, bien que vivant en Allemagne en 1933, il pro te d’une offre faite par les fascistes italiens pour partir en vacances en compagnie de Beauvoir avec des billets à prix réduit. Il passe à côté de la Résistance : il publie dans Comoedia, un journal collaborationniste, en 1941 et en 1944 ; il pistonne Beauvoir à Radio Vichy où elle travaille, etc.

Pendant ce temps, Camus souhaite s’engager dans les troupes françaises dès 1939 – on le refuse à cause de sa tuberculose. À Oran, il donne des cours à des enfants juifs interdits de scolarité par le régime de Vichy. Il entre dans la Résistance, publie dans des revues clandestines, dirige un journal interdit, y écrit des articles. On comprend qu’après la guerre ce trajet impeccable puisse gêner Sartre dans son entreprise de domination du champ intellectuel parisien – donc français.

La déconsidération du travail et des idées de Camus sera donc la règle. Sartre et les siens fournissent l’argumentaire incapable de comprendre les philosophes. Camus serait un lecteur de seconde main, un penseur de la droite et de la bourgeoisie, le porteur d’eau des petits Blancs et des pieds-noirs. Dès lors, il devient un « philosophe pour classes terminales », selon l’expression de Jean-Jacques Brochier, un pamphlétaire plus spécialiste en gibier, chasse, tabac et vins de Bourgogne qu’en phénoménologie. Le même Brochier en fait un pétainiste (BHL lui emboîte le pas dans son Siècle de Sartre) ou un disciple du contre-révolutionnaire catholique Joseph de Maistre !

Équations sartriennes

Ce qu’il est convenu d’appeler la guerre d’Algérie va fournir à Sartre et aux siens l’occasion de la déconsidération la plus brutale. L’homme des Mains sales qui est passé à côté de l’Histoire, entend bien, cette fois-ci, ne pas la manquer. Il suf t donc de reporter le schéma occupation/colla- boration/résistance/libération/épuration sur les évènements algériens pour devenir résistant à peu de frais. Les nazis occupaient la France ? Comme les Français occupent l’Algérie... Certains Français collaboraient avec l’ennemi ? Comme les Blancs collaborent avec le régime colonial. D’autres résistaient ? Comme les militants du FLN...Paris s’est trouvé un jour li- béré de la tyrannie de l’occupant ? Comme Alger le sera de la tyrannie française... Dès lors, l’équation Français en Algérie égale nazis en France devient un concept opératoire à Saint-Germain-des-Prés. Sartre fut donc le Jean Moulin de l’Algérie, Camus son Brasillach. CQFD !

L’École normale supérieure habitue à négliger le réel au pro t des idées, des concepts, des abstractions dont elle jouit sans retenue. Elle formait ses petits soldats à jongler avec les mots sans se soucier des effets concrets induits. L’armée française assimilée aux SS national-socialisme, voilà qui permettait un effet sophistique et rhétorique – mais c’était une erreur mo- rale en même temps qu’une faute historique. La légende était créée. Nous en sommes encore là.

Personne n’a autant aimé l’Algérie qu’Albert Camus, dont c’était la terre natale. C’était aussi celle de sa famille depuis 1830. Il n’a jamais soutenu le régime colonial, il l’a même clairement attaqué à l’époque où Sartre ne sait même pas qu’il existe ! En 1935, à Alger, il entre au Parti communiste pour rester dèle à son milieu, mais aussi parce qu’à l’époque le PC campe sur une ligne anticolonialiste, antifasciste et antimilitariste. Lorsque, pour des raisons stratégiques, le PCF change de ligne et remise l’anticolonialisme au nom de l’antifascisme. Camus, dèle à ses idées, quitte un PC in dèle à sa ligne. Nous sommes en 1937.

 
 

Cette même année, il soutient la cause arabe en prenant fait et cause pour le projet Blum Viollette issu du Front populaire. Ce projet propose aux popu- lations musulmanes algériennes une égalité citoyenne avec les Français du continent. Camus défend ce projet et travaille à Alger républicain, un journal créé pour défendre ce combat. Il tient la rubrique judiciaire et rend compte de procès dans lesquels l’horreur colonialiste prend une place majeure il prend sans cesse le parti des ouvriers, des travailleurs, des employés, des victimes du système colonial. Il critique ouvertement le Code de l’indigénat dans un texte intitulé Contre l’impérialisme le 25 avril 1939.

En même temps qu’il gagne sa vie comme journaliste, il crée le Théâtre du Travail en 1936, puis le Théâtre de l’Équipe ; il écrit avec ses amis Révolte dans les Asturies, une pièce célébrant la révolution libertaire espagnole et critiquait le régime franquiste. Il souhaite mettre à disposition du petit peuple algérois les grands textes du répertoire classique. Il dira plus tard avoir appris l’essentiel de ce qu’il sait sur les planches de ce théâtre – ainsi que sur l’herbe du terrain de foot algérois du RUA.

Lors de l’inauguration de la maison de la culture, il tient un discours qui donne à l’Algérie une place culturelle que personne ne lui a jamais donnée – et que personne ne lui a donnée depuis. Camus pense en effet qu’en ma- tière d’histoire universelle l’Algérie peut fournir un remède au nihilisme de l’époque. En nietzschéen qu’il est, il souscrit au diagnostic posé par le phi- losophe allemand d’un nihilisme européen et il propose un remède algérien. Voilà sa première célébration de l’Algérie – elle est massive.

Il faut lire La culture indigène. La nouvelle culture méditerranéenne. Ce texte sert à une allocution, le 8 février 1937. Que dit Camus ? Que la gran- deur de cette culture n’est plus à démontrer et qu’elle doit vivi er une Europe fatiguée. Camus prend soin de récuser un nationalisme du soleil tel que Maurras le défend. Il veut que le dionysisme algérien contrarie l’apolli- nisme européen : autrement dit, que le goût de la vie, de la nature, du soleil, de la mer, du plaisir à être qui caractérise la Méditerranée en général, et l’Algérie en particulier, abolisse le goût de la mort, la passion pour l’intel- lectualisme, le tropisme de la cérébralité cher aux Européens. Camus veut un Nietzsche solaire contre un Hegel nocturne, il sait que l’Algérie est la patrie de ce Nietzsche solaire. Noces à Tipasa constitue le manifeste de cette pensée hédoniste, solaire, nietzschéenne. Tipasa y apparaît comme un concept en même temps qu’un personnage conceptuel.

 
 

Célébrations

Camus propose une deuxième célébration de l’Algérie et met son pays à nouveau au centre d’une révolution politique possible. En 1939, il publie une série d’articles dans Alger républicain sous le titre « Misère de la Kabylie ». Il dénonce la surpopulation, la misère, le froid, la faim, l’exploi- tation, la mortalité infantile, le chômage, les salaires misérables, la durée du travail, l’illettrisme, l’esclavage, le travail des enfants... Il écrit : ce régime « est un régime colonial »... il l’accable.

Camus ne se contente pas d’être négatif : il propose également une issue : « le douar-commune » autrement dit une formule de communisme liber- taire. Camus propose l’autogestion des Kabyles par eux-mêmes, pour eux-mêmes. Le douar-commune est l’émanation de la volonté des gens du village qui éliront leurs représentants à la proportionnelle. Le président révocable sera élu par le conseil. Ces douars-communes devront se fédérer. Camus propose une solution proudhonienne qui réactive la coopération, la mutualisation, la fédération contre le pouvoir centralisateur hérité de 1793 – le modèle de Sartre. Ce qu’il veut ? « Une petite république fédérative inspirée des principes d’une démocratie vraiment profonde. »

Camus défend la même idée lors des évènements d’Algérie. Cette troisième célébration de l’Algérie récuse l’enfermement sartrien. Loin d’Alger, à Saint-Germain-des-Prés, Sartre pense les choses en termes binaires : les Blancs sont tous colons, exploiteurs, esclavagistes, fascistes, dominateurs, les musulmans, tous colonisés, exploités, esclaves, martyrs, dominés. D’un côté, les bourreaux, de l’autre, les victimes. Ici, les salauds, là, les héros. Ne pas choisir, le camp de l’un, c’est faire partie du camp de l’autre. Sur le papier, la chose est terrible ; dans les faits, cette ction conceptuelle entraine des massacres sans nom de part et d’autre.

© Michel Onfray, Le Point 2012.


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